ÉPILOGUE ET AUTRES PETITS MIRACLES
Flashback: en survolant le fleuve Saint-Laurent, fin juin
Nous amorçons
déjà la descente vers Montréal et laéroport de Dorval. À mes
côtés, Isabelle, une autre membre du groupe du départ. Nous revenions
pour la plupart à des dates différentes et Isabelle prenait le même
avion que moi.
Tout comme en arrivant à Amsterdam (voir le premier flashback dans le prologue), mes sentiments sont tout entremêlés, comment les décrire? Je suis à la fois profondément triste et intensément heureux. Comme dans un mauvais cocktail, dangereux mélange!
Je viens de faire une prière : "Jaimerais que
tout cela maide à acquérir un peu de sagesse; rempliras-tu ta
promesse?"
Et je me réponds à moi-même, intérieurement : "Oui, je
pense que oui."
La suite est frappante.
Je le jure, c'est parfaitement au
hasard que peu après jouvre mon
petit évangile (c'est
lépître de Jacques), et dès les premières lignes, je suis frappé de stupéfaction en
lisant:
"Si lun de vous manque de sagesse, quil la demande à Dieu il donne à tous généreusement et elle lui sera donnée. Mais quil demande avec foi, sans hésitation, car celui qui hésite ressemble au flot de la mer que le vent soulève et agite."
Plus loin, on en rajoute :
"Tenez pour une joie suprême dêtre en butte aux épreuves. Vous le savez : bien éprouvée, votre foi produit la constance. Que nul ne dise : Cest Dieu qui méprouve. Dieu néprouve pas le mal, ni personne. Mais chacun est éprouvé par sa propre convoitise qui lattire et le leurre. "
Cest bien là lhistoire de mon voyage, résumée en quelques lignes, dans les tous derniers milles!

Pris dallégresse, jhésite entre rire ou pleurer, mais je fait simplement un sourire en coin en pensant : "OK, jai compris, je pense bien." Comme la vie est un patient professeur! Et devinez ce que j'entends dans mon Walkman...
"If you dont
know by now, you never will
Only love can
find the door,
Only love can reach the shore, forevermore. "
(Chris de Burgh, Where peaceful waters flow)
Je fixe le paysage à travers le hublot, les yeux perdus sur le
fleuve.
Depuis un mois, je me demande qui sera là pour maccueillir, à laéroport. Jai hâte de les voir mais en même temps je crains mes éventuels débordements démotions : je ny suis pas habitué.
Jentre dans laérogare : personne.
Pas de visages souriants, de bises, rien. Aucun de ceux et celles que jespérais voir na pu se déplacer, à cause de diverses obligations. Seul mon frère Richard avait pu se déplacer, mais je ne lai su que peu après, car il était en retard. Quelquun me tape sur lépaule. Je me retourne, cest mon ami François, que je ne mattendais pas du tout à voir ici! Je lui saute dans les bras dans un débordement d'émotions dont il est lui-même étonné.
Il faut comprendre le contexte : six mois auparavant, en plein verglas et à peine quelques jours avant mon grand départ, jétais allé le visiter à lhôpital où il était soigné pour des problèmes dordre psychologique. Le voir en ces lieux et dans cet état mavait beaucoup attristé. En fait, jétais troublé quand, après quil mait serré fort dans ses bras, je lavais quitté en le prévenant : "Je reviens dans quelques mois et on se tape notre premier tennis de lété, OK?"
Jétais très inquiet en le laissant et je me suis inquiété pour lui à plusieurs reprises dans les mois suivants, surtout que ni lui ni personne ne men donnait des nouvelles!
Et puis, pouf! le voilà. Le premier à
maccueillir, tout à fait à limproviste.
Comme si lUnivers avait voulu me dire : "Tiens, le voilà, ton ami, il va
bien, reviens-en. As-tu d'autres questions encore?"
Cette anecdote aussi, cest lhistoire de ce voyage.
Dorénavant, je ne suis plus seul.
Tout semble parfait.